Lundi 23 Mars 2026

L'Europe vue en nette baisse, craintes d'une nouvelle escalade au Moyen-Orient

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Les principales Bourses européennes sont attendues en nette baisse lundi à l'ouverture, l'ultimatum lancé par Donald Trump pour la réouverture du détroit d'Ormuz et la menace de représailles iraniennes sur les infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe faisant craindre une intensification du conflit au Moyen-Orient.

Les contrats à terme sur indices suggèrent une ouverture en baisse de 0,95% pour le CAC 40 parisien, de 1,8% pour le Dax à Francfort et de 1,26% pour le FTSE à Londres.

Le Stoxx 600 devrait ouvrir sur un repli de 1,36%.

La guerre en Iran en est à sa quatrième semaine, sans signe d'une fin prochaine et avec un risque imminent d'escalade qui pourrait faire grimper encore davantage les prix du pétrole et du gaz.

Donald Trump a fixé samedi soir un ultimatum de 48 heures aux autorités iraniennes pour rouvrir le détroit d'Ormuz, sous peine "d'anéantir" les centrales électriques iraniennes, et Téhéran a réagi en menaçant de s'en prendre aux infrastructures énergétiques et de désalinisation des pays du Golfe abritant des intérêts américains.

"Trump tente de montrer qu'il est capable d'aller plus loin dans l'escalade, ce qui aboutirait à une stratégie de la terre brûlée pour les infrastructures du Golfe", a déclaré Amrita Sen, d'Energy Aspects.

Les cours du pétrole sont pour l'instant très volatils et alternent hausses et baisses en début de journée en Europe, les investisseurs analysant également d'autres informations parues des derniers jours.

Le Brent prend 1,14% à 113,47 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,83% à 101,01 dollars vers 07h19 GMT.

Vendredi, l'administration Trump a suspendu pour 30 jours les sanctions concernant l'achat de pétrole iranien bloqué en mer, sa dernière tentative visant à faire baisser les prix du brut.

Les États-Unis avaient auparavant assoupli leurs sanctions sur le pétrole russe.

Fatih Birol, le chef de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), a dit lundi lors d'un événement à Canberra que des réserves supplémentaires de pétrole pourraient être libérées pour faire face à la situation, qu'il a décrit comme pire que les deux chocs pétroliers survenus dans les années 1970 combinés.

L'Irak a pour sa part invoqué la force majeure pour tous les gisements pétroliers exploités par des compagnies pétrolières étrangères, ont déclaré trois responsables du secteur de l'énergie, tandis que la filiale gazière d'ADNOC, la compagnie pétrolière nationale d'Abou Dhabi, a annoncé lundi avoir procédé à des ajustements temporaires de sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), citant les perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.

Le risque d'inflation liée à l'énergie met les obligations à rude épreuve, les rendements des bons du Trésor à 10 ans atteignant leur plus haut niveau depuis huit mois, ce qui devrait également peser sur les valorisations boursières.

Les investisseurs ont radicalement revu leurs prévisions concernant la politique monétaire des banques centrales. On ne s'attend plus à ce que la Réserve fédérale (Fed) abaisse ses taux cette année, tandis que la Banque centrale européenne (BCE) devrait les relever de 75 points de base et la Banque d'Angleterre (BoE) de 85 points de base.

Avec Reuters.

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