Près de deux ans après son lancement en septembre 2024, la transition numérique nationale nécessite un examen critique axé sur son impact réel, et non plus sur le nombre d'accords signés ou de plateformes lancées.
Moins d'une entreprise marocaine sur cinq intègre intensivement les technologies avancées telles que les logiciels de gestion, les CRM et le commerce électronique, selon les observations formulées par la Banque mondiale dans son rapport économique de 2026.
Une adoption plus approfondie des technologies numériques pourrait stimuler la productivité globale du Maroc de 10 à 15 %, à condition de se rapprocher des niveaux des économies comparables.
Le projet de la plateforme « Idarati », destiné à regrouper plus de 800 plateformes, souffre de retards et de choix initiaux insuffisamment étudiés, ce qui freine l'intégration et la fluidité des démarches administratives de bout en bout.
Le secteur des télécommunications affiche plus de 41 millions d'abonnements Internet et environ 8 400 sites 5G pour 3,22 millions d'utilisateurs au premier trimestre 2026 selon l'ANRT.
La persistance des disparités entre les centres urbains et le monde rural fragilise la transition, posant un risque de fracture sociale si l'accès aux infrastructures ne s'accompagne pas d'une réelle inclusion productive.
Portée par la feuille de route « Intelligence artificielle 2030 » visant 100 milliards de dirhams de valeur ajoutée et 200 000 talents formés, l'accélération sur l'IA ne doit pas masquer les dysfonctionnements structurels de la transformation numérique de base.
La réussite de la stratégie à l'horizon 2030 dépend de l'agilité opérationnelle de l'exécutif pour corriger les trajectoires dès aujourd'hui.