L'Iran déploie de nouvelles tactiques offensives pour cibler les navires naviguant dans le détroit d'Ormuz afin de maintenir les prix du pétrole à un niveau élevé et d'exercer une pression géopolitique maximale à l'approche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Depuis les frappes menées en février dernier, Téhéran cherche à resserrer son contrôle sur cette voie maritime stratégique qui acheminait autrefois près d'un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Malgré les dégâts infligés à ses infrastructures radars et navales, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a adapté ses méthodes sur le terrain. L'armée iranienne recourt désormais à des observateurs non armés à bord de petites embarcations et de boutres pour repérer les cibles.
Cette mutation tactique s'accompagne d'une accélération sensible du rythme des attaques visant les navires commerciaux et les pétroliers, atteignant des sommets inédits depuis le début du conflit. Les autorités iraniennes ont pris la décision d'élargir la zone géographique de leurs opérations bien au-delà du détroit d'Ormuz, touchant désormais les eaux du golfe d'Oman ainsi que les zones situées au large du Qatar et des Émirats arabes unis. Pour les cercles dirigeants de Téhéran, l'enjeu consiste à contrecarrer activement toute tentative de Washington et de ses alliés de faire baisser les cours de l'or noir avant le scrutin de novembre. Un responsable iranien a d'ailleurs qualifié cette confrontation permanente de véritable partie d'échecs.
Face à cette escalade, la tension ne cesse de grimper sur les marchés mondiaux de l'énergie, fragilisés par l'envolée des coûts du transport maritime et des primes d'assurance. Alors que les États-Unis poursuivent leur blocus naval et renforcent leurs sanctions économiques contre les ports iraniens, la question énergétique s'impose durablement au cœur des débats politiques américains. Les responsables iraniens n'excluent pas d'aller plus loin en tendant vers un verrouillage total du passage pour tout navire jugé en infraction avec leurs restrictions unilatérales, laissant présager une volatilité persistante pour les investisseurs et les professionnels des marchés financiers.