Mardi 01 Septembre 2026

Bourse de Casablanca: La cote avance à plusieurs vitesses au premier semestre

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La cote casablancaise a généré 192,4 milliards de dirhams de revenus au premier semestre, en hausse de 10,8%. La saison des publications fait apparaître une croissance très concentrée, une accélération au T2 et des trajectoires sectorielles parfois très éloignées. Quatre éléments ressortent de la synthèse de M.S.IN.

1/ Près de 70% de la hausse vient de trois secteurs

Les revenus cumulés des sociétés cotées ont augmenté de près de 19 milliards de dirhams sur un an, passant de 173,6 à 192,4 milliards. Mais l’essentiel de cet écart provient des mines, des assurances et du pétrole et gaz.

À elles seules, les minières ont généré 7,57 milliards de dirhams de chiffre d’affaires supplémentaire. Les assurances ont ajouté 3,15 milliards et le pétrole et gaz 2,41 milliards. Ces trois secteurs représentent ainsi près de 70% de la croissance enregistrée par l’ensemble de la cote.

La concentration est particulièrement forte dans les mines. Leur chiffre d’affaires est passé de 5,05 à 12,62 milliards de dirhams, soit +149,8%. Managem concentre l’essentiel de cette progression avec 11,76 milliards de dirhams de revenus, contre 4,42 milliards un an plus tôt. SMI progresse pour sa part de 35,7%.

Hors secteur minier, la hausse des revenus de la cote aurait tourné autour de 6,6%. Le cru du premier semestre est plutôt solide, mais il doit beaucoup à l’envolée des métaux, explicitement relevée par M.S.IN parmi les facteurs de soutien du semestre.

2/ Le T2 a été nettement plus dynamique que le début d’année

Le chiffre semestriel masque aussi une accélération en cours de période. Au seul deuxième trimestre, les sociétés cotées ont réalisé 99,2 milliards de dirhams de revenus, en hausse de 15% sur un an. Le rythme dépasse donc sensiblement celui des six premiers mois pris dans leur ensemble.

Le T2 a ainsi apporté une meilleure cadence de croissance malgré un environnement qui n’a pas été exempt de tensions. M.S.IN cite notamment le conflit au Moyen-Orient, les craintes de remontée des pressions inflationnistes et la hausse des prix de l’énergie. En parallèle, la campagne agricole, l’immobilier, certains grands chantiers et les cours des métaux ont soutenu l’activité.

Cette accélération de fin de semestre est probablement l’un des éléments que le marché regardera de plus près au moment des résultats semestriels complets.

3/ Le marché domestique avance en ordre dispersé

Les valeurs exposées à la demande intérieure ne racontent pas toutes la même histoire.

La distribution affiche une hausse de 16,1%, à 17,18 milliards de dirhams. Par exemple, Auto Hall progresse de 25,7%, LabelVie de 16,8%, Fenie Brossette de 15,5% et Auto Nejma de 9,5%. SRM recule en revanche de 19,2%.

Même dispersion dans d’autres compartiments. La santé progresse de 19,6%, les loisirs et hôtels de 32,2%, l’immobilier de 8,5% et l’industrie pharmaceutique de 14,8%. À l’inverse, l’agroalimentaire recule de 6,8% et l’électricité de 5,4%.

Le cas du BTP est encore plus révélateur puisque le secteur affiche globalement un léger recul de 0,9%, mais les écarts entre sociétés sont importants : Ciments du Maroc gagne 22,4% et Jet Contractors 10%, tandis que SGTM recule de 7,3% et TGCC de 5,3%.

La dynamique des grands chantiers ne se traduit donc pas encore de manière uniforme dans les chiffres d’affaires des entreprises cotées du secteur.

4/ Les banques restent en retrait du mouvement général

Avec 49,78 milliards de dirhams de PNB, le secteur bancaire n’affiche qu’une hausse de 1,5%, très loin du rythme observé sur l’ensemble de la cote. Les performances sont là encore contrastées. Crédit du Maroc progresse de 7,9%, CFG Bank de 5,7%, Attijariwafa bank de 4% et CIH de 2,8%. BCP recule de 2,9%.

M.S.IN attribue notamment cette évolution à la correction haussière des taux d’intérêt au premier semestre, sous l’effet de la pression exercée par le Trésor sur le marché domestique et des importantes levées de fonds réalisées en début d’année. Ces conditions ont pesé sur les activités de marché des banques cotées.

Au terme de cette saison, la croissance est forte, elle s’est accélérée au deuxième trimestre, mais elle repose encore largement sur quelques moteurs -au premier rang desquels les mines-  tandis que plusieurs secteurs évoluent à des rythmes beaucoup plus modestes.

 

 

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