Le mois d’août touche à sa fin sur un bilan largement positif pour la Bourse de Casablanca. Avant l’ultime séance de ce lundi, le MASI affiche une progression de plus de 6% depuis fin juillet, suffisante pour effacer les pertes des deux mois précédents et ramener sa performance annuelle en territoire positif.
La dernière semaine, limitée à trois séances, s’est soldée par un léger repli de 0,32%, sans véritablement modifier cette tendance. Plus intéressant, les volumes ont nettement remonté et la saison des indicateurs trimestriels s’achève ce lundi. Le marché va désormais disposer des résultats semestriels complets pour départager les valeurs.
Voici les principaux éléments à retenir et à surveiller pour la semaine qui commence.
1/ AOÛT A RÉPARÉ UNE BONNE PARTIE DE L’ÉTÉ
À une séance de la clôture mensuelle, le MASI s’établit à 18.931,06 points et gagne un peu plus de 6% depuis fin juillet. L’indice avait terminé juillet à 17.843,70 points après deux mois consécutifs de baisse. Il affiche désormais une performance de +0,45% depuis le début de l’année.
La semaine écoulée a été beaucoup plus calme sur le plan indiciel. Après une hausse de 0,69% lundi à 19.124 points, le marché a cédé 0,40% jeudi puis 0,61% vendredi. Sur trois séances, le bilan ressort à -0,32%.
Il serait toutefois excessif d’y voir un changement de tendance. Après une hausse de plus de 6% en août, le MASI évolue simplement autour des niveaux atteints au terme de son rebond. Le seuil des 19.000 points reste proche et ne constitue pas, à lui seul, un signal suffisant pour juger de la suite.
La séance de ce lundi donnera surtout le bilan définitif du mois.
2/ LES VOLUMES REVIENNENT
La donnée la plus intéressante de la semaine se trouve peut-être davantage du côté des échanges.
Malgré seulement trois séances, le marché cash a concentré environ 1,3 milliard de dirhams de transactions : 316 MDH lundi, près de 410 MDH jeudi et 580 MDH vendredi.
Le contraste est net avec certaines séances du cœur de l’été, durant lesquelles les échanges étaient retombés autour de 150 MDH.
Cette reprise de l’activité doit néanmoins être relativisée. Vendredi, Attijariwafa bank a concentré à elle seule 288 MDH, soit près de la moitié des volumes de la séance.
Le véritable signal pour septembre serait donc moins une simple hausse du volume global qu’une diffusion plus large de la liquidité entre les principales valeurs de la cote.
3/ FIN DES TRIMESTRIELLES, DÉBUT DU VRAI TEST DES RÉSULTATS
La saison des indicateurs du deuxième trimestre s’achève ce lundi, après une nouvelle vague importante de publications ces derniers jours.
HPS a annoncé une progression de 13,2% de ses produits d’exploitation au premier semestre. Vicenne affiche une hausse de 12% de son chiffre d’affaires consolidé, tandis que Sonasid termine le semestre sur un chiffre d’affaires globalement stable après une amélioration de son activité au deuxième trimestre. Holcim Maroc a, de son côté, enregistré un deuxième trimestre en hausse de 12,7%, sans parvenir à compenser totalement le retard accumulé au début de l’année.
Sanlam Maroc affiche pour sa part un chiffre d’affaires de 4,1 milliards de dirhams à fin juin, tandis que Marsa Maroc a annoncé dimanche des revenus semestriels de 3,214 milliards de dirhams, en progression de 13%.
Risma est également venu compléter les publications ce lundi matin avec un chiffre d’affaires consolidé de 863 MDH au premier semestre, en hausse de 15% sur une base pro forma, accompagné d’une amélioration de cinq points du taux d’occupation.
Ces indicateurs ont permis de prendre la température de l’activité, mais ils ne livrent qu’une partie de l’information.
La séquence qui commence sera beaucoup plus instructive pour le marché : résultats nets, marges, coût du risque pour les banques, cash-flow et endettement vont désormais permettre de mesurer la qualité réelle de la croissance affichée au premier semestre.
BMCI en donne une première illustration ce lundi. La banque affiche un résultat net consolidé de 354 MDH, en hausse de 62,4%, alors que son produit net bancaire ne progresse que de 0,9%. La différence provient notamment de la nette amélioration du coût du risque.
C’est précisément ce type d’écart entre croissance de l’activité et progression des bénéfices qui devrait nourrir les arbitrages des prochaines semaines.
4/ SEPTEMBRE DEVRAIT ÊTRE PLUS SÉLECTIF
Le mois d’août a surtout été celui du rebond du marché. Septembre pourrait davantage devenir celui de la sélection des titres.
Les performances restent déjà très disparates. Vendredi, le MASI affichait +0,45% depuis le début de l’année, alors que le MASI 20 restait en baisse de 8,55%. Le MASI ESG gagnait au contraire 12,66%, tandis que le MASI Mid & Small reculait encore de 1,43%.
Ces écarts montrent que la lecture de l’indice général ne suffit plus.
À mesure que les comptes semestriels seront publiés, les investisseurs pourront comparer les rythmes de croissance, les niveaux de marge, la capacité à générer du cash et les niveaux de valorisation après le rebond du mois d’août.
Pour le MASI, la zone actuelle autour de 19.000 points reste un repère, mais le niveau plus significatif se situe plus haut, autour des précédents sommets proches de 19.500 points. À la baisse, la zone des 18.800 points constitue un premier niveau à préserver.
Mais dans les prochaines semaines, la direction de l’indice pourrait compter moins que la dispersion des performances entre valeurs.
5/ LE PÉTROLE RAPPELLE QUE LE RISQUE EXTÉRIEUR N’A PAS DISPARU
Le principal élément nouveau de ce lundi matin vient de l’extérieur.
Les forces américaines ont frappé des installations iraniennes sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz, provoquant une riposte de Téhéran contre des positions américaines en Jordanie. Il s’agit du premier nouvel échange direct de frappes depuis la fin juillet.
Le marché pétrolier a immédiatement réagi. Le Brent évoluait ce lundi matin au-dessus de 90 dollars le baril, en hausse d’environ 2,5%, après avoir pourtant perdu plus de 5% la semaine dernière.
Pour la Bourse de Casablanca, c’est le principal canal de transmission à surveiller. Une tension durable sur le brut pourrait affecter la facture énergétique du Maroc et, si elle se prolonge, remettre une pression sur l’inflation alors que les dernières données domestiques étaient jusqu’ici favorables.
La semaine internationale sera également marquée par la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G20 ce lundi et mardi, puis par les chiffres de l’emploi américain vendredi. Les marchés mondiaux cherchent toujours à déterminer si la Réserve fédérale relèvera ses taux en septembre, une probabilité qui s’est renforcée après le discours de Kevin Warsh à Jackson Hole et le regain des tensions pétrolières.