Le chiffre d’affaires global des sociétés cotées progresse de 10,7% au premier semestre 2026. Une partie importante de cette hausse provient toutefois des minières, dont la contribution creuse nettement l’écart entre la performance agrégée de la cote et celle du reste du marché.
La progression de 10,7% des revenus des sociétés cotées au premier semestre 2026 donne, à première lecture, l’image d’une accélération marquée de l’activité. Le chiffre d’affaires global atteint 190,8 milliards de dirhams, contre 172,4 milliards de dirhams un an auparavant.
Une autre lecture des données permet toutefois de mesurer le poids pris par les sociétés minières dans cette évolution. Hors minières, les revenus de la cote auraient progressé de 5,6%, à 178,2 milliards de dirhams.

L’écart atteint ainsi 5,1 points de croissance entre la performance globale et celle calculée sans le secteur minier.
-7,8 milliards de DH de revenus supplémentaires dans les Mines
Le secteur des Mines apporte à lui seul un additionnel de 7,8 milliards de dirhams aux revenus du premier semestre.
La principale contribution provient de MANAGEM, dont le chiffre d’affaires a été multiplié par 2,7. Cette évolution s’explique par la montée en régime des projets BOTO et TIZERT ainsi que par un environnement de prix favorable aux métaux précieux dans un contexte de forte instabilité géopolitique.
Cette contribution est d’autant plus significative que plusieurs secteurs importants de la cote ont évolué à un rythme beaucoup moins soutenu.
Les financières affichent ainsi une progression limitée de 1,6% de leur produit net bancaire sur le semestre. L’Agroalimentaire & Boissons contribue négativement à hauteur de 614 millions de dirhams, notamment sous l’effet des baisses enregistrées par COSUMAR et LESIEUR CRISTAL.
L’Électricité retranche également 291 millions de dirhams à la croissance, en lien avec le programme de maintenance de TAQA MOROCCO, tandis que le BTP contribue négativement à hauteur de 224 millions de dirhams, en raison notamment des conditions pluviométriques ayant retardé certains chantiers.
-Le phénomène reste visible au deuxième trimestre
La même configuration apparaît sur le seul deuxième trimestre.
Entre avril et juin, le chiffre d’affaires global des sociétés cotées atteint 98,3 milliards de dirhams, en hausse de 13,5% sur un an. Hors minières, la progression aurait été ramenée à 9%.
Les industries enregistrent au total une croissance de 16,4% sur le trimestre, soutenue par les sociétés minières mais également par la reprise des matériaux de construction et de l’acier après un début d’année affecté par les conditions climatiques.
La dynamique reste donc plus largement répartie au deuxième trimestre qu’au début de l’année, sans pour autant remettre en cause le poids du secteur minier dans les chiffres agrégés.
-Une concentration qui apparaît également dans le classement des sociétés
Les plus fortes progressions individuelles du semestre confirment cette configuration.
MANAGEM arrive en tête avec une hausse de 166% de ses revenus. MINIERE TOUISSIT suit avec une progression de 73,8%, tandis que SMI affiche une hausse de 35,7%.
Parmi les quatre plus fortes progressions du premier semestre, trois sont ainsi des sociétés minières.
Cette accélération intervient au moment où MANAGEM achève une phase importante de son cycle d’investissement. Les CAPEX du groupe ressortent à 1,7 milliard de dirhams au premier semestre, en baisse de 40% sur un an, principalement en raison de l’achèvement des travaux de construction de TIZERT et BOTO.
Dans le même temps, la dette nette du secteur minier recule de 23,6% par rapport à fin 2025 pour s’établir à 9,3 milliards de dirhams.
Les données du premier semestre mettent ainsi en évidence une configuration particulière : la croissance reste positive dans une majorité de sociétés cotées, mais son ampleur au niveau agrégé dépend fortement de quelques valeurs minières, au premier rang desquelles MANAGEM.
BELAID Oussama