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Sociétés cotées «Le cours de Bourse ne doit pas driver la stratégie de communication»

Vendredi 29 Decembre 2017 - PAR bourse news

Hind Filali et James Palmer, associés d'Orphéon Finance, agence spécialisée dans la communication financière et les relations investisseurs, reviennent sur les stratégies des émetteurs en matière de communication financière. Développements, enjeux, ce qui reste à faire au Maroc... Tour d'horizon.


 

Boursenews : Vous avez démarré au Maroc il y a un an. En quoi consiste votre activité ?

H.F/ J.P : Orphéon Finance est née du simple constat que la communication financière est devenue pour les entreprises marocaines un véritable levier de création de valeur. On ne peut construire la confiance qu’à travers la transparence et la réalisation des objectifs sur lesquels le management s’est engagé. En conséquence, il est primordial que la communication financière soit crédible et les engagements stratégiques et financiers réalistes. "Faire ce qu’on dit" permet d’instaurer une relation de confiance qui dure dans le temps. Notre activité consiste à accompagner les entreprises à construire une communication financière qui répond à cet enjeu, par la mise en place des bonnes pratiques dans le domaine de l’information financière et les relations investisseurs. Orphéon Finance est une agence spécialisée dans la communication financière et les relations investisseurs. A travers une offre intégrale et adaptée à chaque type de client, nous partons du conseil en stratégie de communication financière jusqu’à la mise en œuvre et la realisation des outils et supports de cette communication. Les entreprises nous confient leurs présentations destinées au Conseil d’administration, aux analystes et investisseurs, leurs communiqués de presse stratégiques et financiers, leurs rapports annuels et rapports de développement durable, l’organisation de leurs événements financiers, etc. Bien entendu, le fond ne peut être mis en valeur que par la forme. Nous opérons sur toute la chaîne, allant du contenu et de la conception des messages au graphisme et à la mise en page. Issus des marchés financiers, nous parlons le même langage que nos clients et leurs interlocuteurs. Aussi, à travers une équipe dotée de longues années d’expérience dans le domaine de la communication financière et les relations investisseurs, nous apportons à nos clients un regard externe, impartial et indépendant ainsi qu’un contenu à forte valeur ajoutée.

 

Boursenews : Quel rapport entretiennent les émetteurs avec les problématiques de communication financière ? Y a-t-il une prise de conscience ?

H.F/ J.P : La communication financière a été pendant longtemps considérée par les entreprises marocaines comme une contrainte. L’évolution de la réglementation, l’ouverture progressive sur l’international, la recherche de partenaires étrangers et l’accroissement des exigences des investisseurs ont transformé la communication financière en un véritable enjeu pour les entreprises. Il s’agit d’un vecteur stratégique et incontournable pour gagner en notoriété, instaurer un climat de confiance et une relation durable avec les marchés financiers, les actionnaires et investisseurs de manière générale. Plus concrètement, une stratégie de communication financière adaptée permet aux entreprises de consolider ou d’améliorer la valorisation de leur titre en Bourse, d’accroître l’attractivité des investisseurs, de garantir le succès d’une opération financière, de fédérer autour d’une nouvelle vision stratégique ou tout simplement de prévenir les situations de crise.

Une stratégie de communication financière adaptée permet aux entreprises de consolider ou d’améliorer la valorisation de leur titre en Bourse.

 

 

Boursenews : On dit souvent que la communication financière est une discipline élitiste. Que seuls les «grands», bien capitalisés, réussissent à bien communiquer avec leur environnement financier. La problématique du coût est souvent évoquée comme un frein. Que pensez-vous de ce genre de postulats ?

H.F/ J.P : Gagner et développer la confiance des investisseurs et actionnaires est un enjeu pour tous les émetteurs, petits ou grands. En effet, certaines entreprises considèrent que la communication financière est un centre de coût jusqu’au jour où elles font face aux conséquences d’un contact fragile et peu régulier avec les marchés financiers : manque d’intérêt des investisseurs, sous-valorisation en Bourse, impact négatif fort des situations de crise sur l’image… Le retour sur investissement dans la communication financière devient alors évident. Néanmoins, la plupart des PME ne peuvent pas se permettre de développer en interne une cellule dédiée à la communication financière. C’est la raison pour laquelle nous proposons à ce type d’entreprise une solution clé en main lui permettant d’externaliser une partie ou l’ensemble de cette fonction au niveau d’Orphéon Finance. Notre équipe, constituée de différentes expertises métiers, permet de répondre aux attentes de nos clients sur les différents sujets de la communication financière et les relations investisseurs.

 

Boursenews : Certaines PME et moyennes capitalisations ont vu leur cours de Bourse progresser énormément, ce qui a augmenté leur exposition médiatique. Comment faire, dans ce type de cas, pour adapter sa communication financière ?

H.F/ J.P : Le cours de Bourse ne doit à aucun moment driver la stratégie d’une entreprise, mais une bonne stratégie de communication financière peut driver le cours de Bourse. Seuls des fondamentaux solides, une stratégie fiable et une communication crédible peuvent permettre d’assurer une bonne valorisation boursière. Néanmoins, il faut avoir une correcte compréhension des facteurs qui animent ces progressions. Si l’augmentation de la capitalisation est liée à la performance et aux perspectives favorables de la société, il faut maintenir un niveau normal de communication. Si l’envolée boursière est due à un mouvement spéculatif et que le marché a prévu des résultats supérieurs à la capacité de réalisation de l’entreprise, il ne faut pas avoir peur de corriger les attentes, car il y va de la crédibilité du management sur le long terme. Laisser le marché s’emballer dans l’espoir de pouvoir réaliser les prévisions des analystes est probablement le piège à éviter.

 


Entretien disponible également dans le dernier numéro de Finances News Hebdo

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