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Banques participatives : Bank Assafa caracole en tête

Mercredi 27 Mars 2019 - PAR bourse news

Bank Assafa a rapidement endossé et assumé son costume de leader de son secteur. La banque dirigée par Youssef Baghdadi sort d'un exercice 2018 de forte croissance où elle a pris du poids. Son total bilan a été porté à 3,2 Mds de dirhams, contre un peu moins de 1 Md à fin 2017. Elle revendique 63% de parts de marché dans les dépôts et plus de 53% dans les financements, part de marché qui monte à 57% sur la Mourabaha immobilière et 63% sur l'automobile.

La banque a en effet accompagné plus de 4.000 dossiers Mourabaha pour un total de 2,4 Mds de dirhams dont 200 MDH pour l'automobile. Une performance permise par sa capillarité : Bank Assafa a ouvert rien qu'en 2018 12 agences, portant le réseau à 35 agences dans 20 villes. La banque dispose également d'une agence digitale et de deux cellules mobiles. Tout cela lui permet d'accueillir plus de 37.000 comptes sur les 60.000 que compte son secteur.

En termes de performances financières, Bank Assafa affiche un produit net bancaire de 31 MDH, contre moins d'un million de dirhams en 2017. Son déficit net s'est creusé à -107 MDH après -58 MDH une année auparavant, la banque étant, comme le reste des banques participatives, en pleine phase de démarrage et d'investissements. 

Signalons aussi que Bank Assafa dispose dans son bilan de clôture d'un gisement équivalent à 438 MDH de «biens acquis» dans le cadre de la Mourabaha immobilière qui ne rentreront dans le calcul des financements qu'après leur transfert à la clientèle finale, ce qui augmente encore plus la part de marché réelle de la banque sur ce type de produits. 

 

Une banque avant tout 
 

Fidèle à ses habitudes, le patron de Bank Assafa n'a pas voulu s'attarder sur les réalisations financières de sa banque mais plutôt sur les contraintes de son secteur. «Les citoyens pensent que nous sommes des sociétés de financement. Mais nous sommes avant tout des banques qui, plus est, sont plus compétitives que les banques traditionnelles». Baghdadi fait référence ici à la banque au quotidien, car en l'absence de frais bancaires, d'agios et autres dates de valeur chez ces établissements, elles offrent des services au quotidien quasi gratuits pour les déposants. Et si Bank Assafa souhaite axer son discours sur les dépôts, c'est parce que le secteur est confronté à un assèchement généralisé des liquidités. Les fonds propres financent les lourds investissements de démarrage et les dépôts sont exploités à plein régime dans les financements. Bank Assafa a par exemple 2,4 Mds de dirhams de financements dans son bilan pour 900 MDH de dépôts. La banque a dû développer un modèle de Wakala Bil Istitmar, certifié conforme par le Conseil supérieur des ouléma et mis à la disposition des autres banques participatives, pour financer sa croissance. La banque dispose ainsi d'une ligne de 1 milliard de dirhams de ressources sous cette forme. Mais cette Wakala “coûte” aux banques participatives et quand on sait qu'elles ont dû mettre en place «une tarification attrayante» sur les financements pour capter de la clientèle au démarrage, on imagine mal les voir compétitives rapidement. «Chez le conventionnel, jusqu'à 100% des crédits immobiliers sont financés par les dépôts à vue», indique Youssef Baghdadi. De manière générale, les dépôts à vue, gratuits, représentent 70% des ressources des banques conventionnelles.

En attendant qu'elle trouve les moyens «conformes» de financer sa forte croissance, Bank Assafa va poursuivre ses efforts de vulgarisation, mieux équiper sa clientèle et démarrer le travail sur les comptes d'investissement qui viennent d'être validés mi-mars par le CSO et Bank Al-Maghrib. Ces produits d'épargne permettraient en théorie aux banques participatives de collecter plus de dépôts. Mais la problématique des dépôts à vue reste entièrement posée pour permettre au secteur de ne pas s'essouffler rapidement.

 

A.Hlimi

 

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