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Banques : Le de-risking, fausse bonne idée ?

Mercredi 09 Mai 2018 - PAR bourse news

Thomson Reuters déconstruit le raisonnement derrière le de-risking. Sohaib Zefri/  Boursenews

La multiplication des lois à l'international sur le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme ou encore la loi américaine Fatca sont des gisements de risques de conformité pour les banques, en particulier dans notre région. Cela peut les pousser à se séparer de certains clients pour éviter ces risques et les sanctions qui en découlent. C'est ce que l'on appelle le de-risking. Cette pratique s'est beaucoup développée depuis le début des années 2000 avec la complexité grandissante des connexions bancaires, la multiplication des contreparties en devises et le risque accrue des activités illicites. Faire du de-risking c'est  jeter le bébé avec l'eau du bain.

De-risker, c'est condamner des PME et des entrepreneurs à être à l'extérieur du circuit formel, les obliger à passer par des circuits "gris" pour se financer. De-risker, c'est les forcer à utiliser du cash dans les transactions et nourrir l'exclusion financière. Les institutions financières en Afrique ou au Moyen-Orient ont souvent ce réflexe, l'estimant moins couteux en termes de charges de conformité. Mais d'autres solutions existent. Thomson Reuters a d'ailleurs réuni des experts autour de cette thématique. L'objectif d'une conférence organisée par le groupe récemment à Casablanca était de discuter des nouvelles tendances en matière de conformité et déconstruire le raisonnement autour du de-risking que Mohammed Rachid, directeur des affaires institutionnelles à Casa Finance City, trouve d'ailleurs dépassé car il n'a pas permis d'atteindre les objectifs.

Mohamed Daoud, responsable développement conformité chez Thomson Reuters, avant de nous parler de cette problématique, préfère d'abord corriger la perception des responsables conformité, la jugeant souvent fausse : " Le régulateur local gère la conformité locale. La banque centrale d'un pays se focalise sur les opérations en devise du pays. Or, pour la contrepartie en devises, c'est les banques dépositaires dans ces devises qui vont juger la conformité. Il faut donc réfléchir localement mais agir globalement en termes de conformité". Pour cet expert conformité, les banquiers ont souvent le souci de la régulation locale et oublient les risques externes. Une idée que partage à son tour Hicham Grine, directeur contrôle interne et conformité de Maroclear qui indique que les institutions financières doivent aujourd'hui anticiper les best practice et ne pas s'arrêter aux exigences locales. Ceci évite selon lui les freins secs dans la conduite de la stratégie, que les mastodontes financières ne peuvent pas actionner. Autant anticiper. Mohammed Rachid pousse le raisonnement plus loin et parle d'une nouvelle tendance : Le re-risking que les plus disciplinés des organismes financiers appliquent pour profiter des contraintes des autres. "Les règles appliquées sur une base de compréhension locale ont leur limite. Prenez un avion et allez dejeuener avec votre contrepartie pour être conforme. Mais arrêtez de refuser des clients par peur de conformité", dit le responsable de Reuters. 

Quant au coût de la conformité, pour les experts c'est un faux problème. La gestion de la relation client permet de récolter des données pour faire du business. Ces mêmes données peuvent être utilisées dans la conduite de la conformité explique Mohamed Daoud. De plus, les plateformes comme Thomson Reuters offrent aux professionnels des outils de conformité permettant de détecter les clients à risques ou ceux avec qui il est préférable de conduire des due diligences avant de les accepter. Cela facilite l'opération, étant donné que ces outils sont construits conformément aux réglementations internationales en vigueur.

 

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