Les tensions entre Washington et Téhéran connaissent une nouvelle escalade, avec une nouvelle vague de frappes américaines contre des installations iraniennes. En réaction, l’Iran affirme avoir lancé une « opération décisive » contre plusieurs positions américaines dans la région, faisant resurgir les inquiétudes autour de la sécurité de la navigation commerciale et de l’approvisionnement pétrolier.
Le Commandement central américain, CENTCOM, indique avoir ciblé plusieurs infrastructures liées aux capacités militaires iraniennes. Les frappes auraient notamment visé des sites de défense aérienne, des systèmes radar, des installations maritimes, des capacités de mouillage de mines ainsi que des infrastructures de communication associées aux Gardiens de la révolution.
Selon Washington, cette offensive intervient après des tentatives d’attaques iraniennes contre la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et contre des militaires américains. Il s’agit de la deuxième série de frappes américaines enregistrée en l’espace d’environ trois jours, illustrant la rapidité avec laquelle la confrontation s’intensifie dans la région.
Téhéran a rapidement revendiqué une riposte contre les positions américaines. L’Iran affirme avoir tiré des missiles contre une base américaine située en Jordanie ainsi que contre une installation militaire américaine à Bahreïn. De son côté, le Koweït a annoncé avoir intercepté des tirs entrants.
Cette nouvelle séquence militaire intervient alors que les perspectives d’une reprise rapide des négociations entre Washington et Téhéran semblent s’éloigner. Donald Trump a déclaré ne pas chercher à forcer l’Iran à revenir à la table des négociations, estimant que la position actuelle des États-Unis était plus favorable.
Sur les marchés, la montée des tensions s’est immédiatement répercutée sur les prix de l’énergie. Le Brent a progressé de 2%, pour évoluer autour de 96,50 dollars le baril après l’annonce des frappes. Le pétrole affiche désormais une hausse de plus de 45% depuis le début de l’année, alors que les perspectives de reprise du dialogue entre les deux pays restent faibles.
Le détroit d’Ormuz demeure au cœur des préoccupations des investisseurs. Les flux pétroliers avaient progressivement retrouvé ces dernières semaines environ la moitié de leurs niveaux d’avant-guerre, à la faveur d’une période d’accalmie. Une reprise durable des combats pourrait toutefois perturber à nouveau ces flux et exercer une pression supplémentaire sur les cours du pétrole.
La hausse de l’or noir alimente également les tensions sur les marchés obligataires. Face au risque d’une accélération de l’inflation, les investisseurs renforcent leurs anticipations d’une remontée des taux de la Réserve fédérale américaine. Le marché se retrouve ainsi confronté à un double risque : une dégradation du contexte géopolitique et une pression accrue sur les coûts de l’énergie.
À court terme, l’évolution des cours du Brent restera donc étroitement liée à la situation militaire dans la région et au niveau de perturbation des flux transitant par le détroit d’Ormuz. Toute nouvelle escalade entre Washington et Téhéran pourrait renforcer la volatilité des marchés et maintenir le pétrole sous tension.