Mercredi 02 Septembre 2026

G20 Finance : Washington assume la présence de la Russie, les divergences persistent

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Les États-Unis ont confirmé leur choix d’assumer jusqu’au bout la présence de la Russie aux réunions du G20 Finance, malgré le malaise exprimé par plusieurs alliés occidentaux. Réunis à Asheville, en Caroline du Nord, les ministres des Finances et les banquiers centraux du groupe ont achevé mardi deux jours de discussions marqués par les tensions géopolitiques et les désaccords entre Washington, ses partenaires européens et la Chine.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a défendu l’invitation adressée à Anton Silouanov, ministre russe des Finances. Selon lui, la présence du responsable russe n’a pas eu d’impact sur les discussions. Il a toutefois reconnu que certains Européens avaient conservé un « goût amer » de cette décision, tout en estimant nécessaire de maintenir le dialogue avec l’ensemble des parties afin de contribuer à la fin du conflit entre la Russie et l’Ukraine.

La participation russe a néanmoins suscité des réactions critiques. Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, a reconnu que la présence de son homologue russe avait créé un malaise. Le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, a pour sa part estimé que le moment n’était pas venu de normaliser la Russie ni sa présence dans ce type de réunion.

À Asheville, l’Union européenne a obtenu que le ministre russe soit exclu de la traditionnelle photo de famille du G20. La prise de vue s’est déroulée sans la présence des médias. Lors d’une réunion parallèle consacrée à l’innovation, les organisateurs ont même contourné la difficulté en réalisant deux photographies distinctes : l’une avec le représentant russe, sans les Européens et le Canadien, et l’autre avec les Européens et le Canadien, sans la Russie.

Malgré ces tensions politiques, les membres du G20 Finance ont adopté un communiqué final de six pages transmis par les autorités américaines. Le document souligne l’importance de la liberté, de la sécurité et de la prévisibilité de la navigation dans le détroit d’Ormuz et dans le reste du monde. Il considère également le règlement des guerres et des conflits en cours comme une condition essentielle à la croissance durable.

Le paragraphe consacré au détroit d’Ormuz, bloqué par l’Iran depuis le début de la guerre avec les États-Unis, a été approuvé par l’ensemble des membres du G20 à l’exception de la Chine. Pékin s’est également opposé à d’autres passages du communiqué, notamment ceux portant sur les déséquilibres mondiaux, une formulation régulièrement associée à l’excédent commercial chinois.

Le sommet a également permis à Scott Bessent de défendre les orientations économiques de l’administration américaine. Le secrétaire au Trésor a notamment mis en avant la dérégulation, qu’il considère comme un moteur de croissance. Washington cherchait par ailleurs à convaincre ses partenaires d’isoler économiquement l’Iran à travers la mise en place de sanctions.

La réunion s’est tenue dans un contexte particulièrement sensible. L’Afrique du Sud, pourtant membre permanent du G20 au même titre que la Russie, a été exclue en raison de différends politiques avec Washington. Plusieurs journalistes du New York Times, du Wall Street Journal et de Bloomberg n’ont également pas été accrédités pour couvrir l’événement.

Les États-Unis organiseront en décembre la dernière réunion du G20 de leur présidence, cette fois au niveau des chefs d’État. Le sommet se tiendra dans un complexe de golf appartenant à Donald Trump, à Miami. Pour l’analyste James Lindsay, cette prochaine échéance s’annonce compliquée, compte tenu des divergences persistantes entre les États-Unis et la Chine, mais aussi entre Washington et ses alliés.

Au-delà du protocole et des tensions diplomatiques, la réunion d’Asheville met en évidence la difficulté croissante pour le G20 de parvenir à une position commune sur les grands dossiers économiques et géopolitiques. La présence de la Russie, les désaccords avec la Chine et la question des sanctions contre l’Iran devraient continuer de peser sur les prochains rendez-vous internationaux.

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