Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent jusqu’à ce mardi 1er septembre à Asheville, en Caroline du Nord, sous la présidence américaine du groupe. Cette réunion financière se tient dans un contexte marqué par les tensions autour de l’Iran, les désaccords commerciaux et les inquiétudes liées à l’endettement mondial.
Organisée sur deux jours, la rencontre rassemble les principaux responsables économiques des grandes puissances mondiales. L’agenda américain entend placer la croissance au cœur des échanges, alors que l’économie mondiale reste confrontée à plusieurs sources d’incertitude, dont la guerre avec l’Iran, la persistance des tensions inflationnistes et l’augmentation de la dette américaine.
La croissance comme réponse à l’endettement
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a défendu l’idée d’une croissance plus forte comme principale réponse à la hausse de l’endettement accumulé depuis la crise financière mondiale et la pandémie. Selon lui, le monde est fortement endetté et la seule voie pour sortir de cette situation consiste à renouer avec la croissance.
Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a pour sa part évoqué une nouvelle phase de croissance structurelle, portée par une vague mondiale d’investissement. Les discussions portent également sur les moyens de réduire les freins à la croissance, notamment les charges réglementaires et administratives, les incitations financières mal conçues, l’insuffisance des investissements publics et privés ainsi que les lacunes en matière de compétences et de mobilité de la main-d’œuvre.
Les thèmes formels de la réunion couvrent la croissance économique mondiale, les déséquilibres globaux, la restructuration de la dette souveraine, la régulation bancaire et la sécurité énergétique . Plusieurs dirigeants du secteur privé participent également à certaines sessions consacrées à la croissance, parmi lesquels Jamie Dimon, David Solomon et Dave Ricks.
Washington cherche des soutiens contre Téhéran
Au-delà des discussions économiques, Washington cherche à rallier ses partenaires à sa campagne de sanctions contre l’Iran. Scott Bessent entend convaincre les pays européens de renforcer la pression sur Téhéran, alors que les États-Unis poursuivent leur offensive économique contre le pays .
L’Union européenne a semblé disposée à durcir ses propres sanctions, selon les informations rapportées par La Presse. Cette question ajoute une dimension géopolitique à une réunion initialement centrée sur les enjeux financiers et économiques du G20.
La présence russe ravive les tensions
La présence du ministre russe des Finances, Anton Silouanov, a suscité le mécontentement de plusieurs responsables européens. Il s’agit de sa première participation en personne à une réunion du forum depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, selon Reuters.
Cette présence a notamment crispé l’Union européenne, qui a obtenu que le responsable russe soit exclu de la traditionnelle photo de famille. Anton Silouanov a néanmoins rencontré Scott Bessent. Selon une source citée par Reuters et l’AFP, le secrétaire américain au Trésor lui aurait indiqué qu’aucun allègement économique ne serait accordé à la Russie tant que la guerre en Ukraine se poursuivrait .
Les tensions commerciales pèsent sur les échanges
Les discussions se déroulent également dans un climat de tensions tarifaires entre les États-Unis et plusieurs partenaires du G20. Le Canada figure parmi les pays concernés par ces frictions, alors que Washington cherche parallèlement à promouvoir son agenda de croissance et de dérégulation.
La réunion d’Asheville constitue une étape du calendrier du G20 Finance Track 2026. Une nouvelle rencontre des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales est prévue le 15 octobre à Bangkok, avant le sommet des dirigeants annoncé les 14 et 15 décembre à Miami.
Une réunion financière à distinguer du sommet des dirigeants
La rencontre qui s’achève ce mardi à Asheville est celle des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20. Elle ne constitue pas le sommet des chefs d’État et de gouvernement, prévu en décembre à Miami. À ce stade, les discussions mettent en évidence la volonté américaine de faire de la croissance un axe central, mais aussi la persistance de divergences sur l’Iran, la Russie et les échanges commerciaux